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Coquillages et design, le duo improbable

Coquillages et design, le duo improbable

Des créateurs de talent recyclent les déchets coquilliers en objets déco, bijoux, accessoires et même en soins cosmétiques.

« J'aime les huîtres avec des aspérités et naturellement dorées par le sable », confie Sandrine Ramona, à la tête de l'Atelier Douarn. Cette artiste porcelainière glane des huîtres à proximité des parcs ostréicoles du Morbihan, qu'elle nettoie et pare de porcelaine et de feuilles d'or. Ses créations sont vendues au concept store Empreintes Paris (60 euros).

Chaque année, la France produit 250 000 tonnes de coquillages, ce qui représente près de 200 000 tonnes de coquilles. Sans compter la dizaine de tonnes impropres à la vente dont doivent se débarrasser chaque mois les ostréiculteurs. « Les recycler leur coûte environ 180 euros la tonne, alors la majeure partie des déchets coquilliers finit enfouie ou incinérée », détaille Hugo Kermarrec, cofondateur de Malàkio, à Nantes. Avec son associé Morgan, ce jeune Nantais a réussi à imiter le marbre terrazzo avec une pâte composée à 60 % de coquilles de moule, d'ormeau ou d'huître. Ils emploient désormais six personnes pour produire des bougeoirs, des soliflores, des appliques lumineuses ainsi qu'un élégant plateau pour 6 ou 12 huîtres (75 ou 85 euros). Leur méthode « low tech », sans cuisson ni solvant, leur permet aussi de réaliser du mobilier sur mesure pour des clients haut de gamme. Une célèbre marque de surfs a ainsi économisé 2 tonnes de plastique en faisant appel à eux.

De son côté, Bérangère Gallix, créatrice de la marque Coquilles vides, fabrique ses bijoux « effet mer » avec des coquillages sélectionnés chez un ostréiculteur des Sables-d'Olonne, qui sont ensuite dorés à l'or 24 carats.

Dans le Morbihan, le duo à la tête des lunettes Friendly Frenchy utilise des saint -jacques, palourdes et ormeaux pour fabriquer ses montures. En 2021, la marque a écoulé 3000 paires et connaît une croissance de 30 % chaque année.

Mais les coquilles sont également bonnes pour la peau. L'an dernier, un ostréiculteur du Cap-Ferret a lancé Edulis, une marque de cosmétiques qui utilise l'intégralité de l'huître (coquille incluse) dans la composition de ses crèmes et sérums. « L'huître est très riche en protéines, minéraux, acides aminés », confirme Mimo Havstad, directrice de la marque pour le marché français.

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